Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Le deal à ne pas rater :
Lit combiné enfant 90×200 cm PARISOT ZOLA
159.99 €
Voir le deal

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

2 participants

 :: Général :: Général

Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Dim 1 Mar - 20:14

La vallée des rêves




Chapitre 1



Le gong indiquant l’heure du coucher des élèves sonna par trois fois.
A l’horizon, le crépuscule enflammait dans un camaïeu de rouge les collines boisées qui longeaient le littoral. Sharelune se tenait au faîte d’une éminence couvertes de fleurs sauvages, et admirait d’un regard mélancolique son pays natale fondre dans la nuit.
Elle passait ses derniers jours dans le monastère de Galanseel, et recevrait demain son certificat ainsi que son bâton attestant la fin de ses études de magie. Un frisson d’appréhension la parcourue à l’idée de devoir quitter son foyer et ses amis pour partir dans le monde, seule, en quête de connaissance.
Une chaude brise d’été lui amena le son d’une marche légère et discrète. Allongée dans l’herbe grasse, elle se redressa pour voir arriver un elfe mince et de grande taille, qui souriait dans sa direction. Elle soupira et se rallongea en levant les yeux vers le ciel dégagé. Le jeune elfe vint s’asseoir près d’elle, et pendant de longues minutes, ils contemplèrent le paysage en silence. Autour d’eux le chant des oiseaux et des grillons s’élevaient dans une harmonieuse cacophonie.
- La vieille Suh est toujours furieuse après toi, déclara le jeune elfe, rompant la méditation silencieuse de son amie.
Sharelune soupira de nouveau. Un sourire éclaira son visage en se remémorant son dernier cours d’Alchimie. L’opération que leur professeur leur avait demandé n’était en rien un problème pour la jeune elfe, mais au dernier moment, elle avait changé la recette ; Et au lieu d’obtenir une parfaite potion contre les rhumatismes, c’est une mixture d’un étrange rose pâle qui bouillonnait dans son ballon. La vieille Suh s’était emportée de manière théâtrale, et Sharelune avait été exclu de cours. Emportant avec elle sa création, qui reflétait selon l’acariâtre alchimiste « la somme de toutes les connaissances, et de ses bêtises ».
Elle roula sur le ventre, et rampa sur quelques mètres jusqu’à un buisson recouvert par du chiendent.
- Qu’es ce que tu fais ? lui chuchota une voix juste derrière elle.
- Elle n’avait qu’à être plus clémente, souffla Sharelune en souriant. Cette vieille bique nous fait faire sa lotion pour ses rhumatismes une fois par semaine. Et je suis persuadée que c’est parce qu’elle est incapable de la reproduire elle-même.
Elle sentit les longs cheveux brun de son camarade courir sur son épaule, et d’un geste vif de la main, lui intima de s’allonger. Il obéit, et suivit son regard. Leur point de vue donnait sur la chambre de la vieille bique en question. La longue porte coulissante qui donnait sur le jardin était grande ouverte, offrant tout le loisir aux deux jeunes élèves de surveiller les faits et gestes de son occupante.
- Tu sais, reprit son camarade à mi-voix. Si tu préfères observer un spectacle plus intéressant, un dortoir rempli de charmants, jeunes et muscl…
Il fut interrompu par un violent coup de coude dans son flanc droit, et entendit la voix malicieuse de son amie lui ordonner de se taire. D’un air contrit il roula sur le dos en se massant le coté.
- Au fait qu’as-tu fais de ta mixture ?
Elle gloussa.
- Elle va avoir une sacrée surprise demain, la vieille, ricana-t-elle en voyant Suh prendre le flacon subtilisé par Sharelune quelques heures auparavant, et remplacé par un identique.
Elle observa quelques instants encore son plan machiavélique prendre forme, puis souriante s’éloigna de sa planque.
- Qu’est ce que tu es venu chercher ? Questionna-t-elle en tournant son intense regard émeraude vers son ami.
L’autre lui rendit son sourire et s’assit lestement.
- Depuis toujours je t’ai vu venir te jucher sur cette éminence. Je me demandais ce que tu y faisais, le soir venu.
- Je regarde le ciel et les étoiles, répondit-elle d’un ton détaché.
- Tu peux les voir de ta chambre, objecta l’elfe.
- Oui, mais passé le son du gong, il est interdit de se promener dans le monastère.
- Ta furieuse manie de toujours défier les lois te coûtera cher un jour.
- C’est une menace ? Sourit Sharelune.
Son homologue soupira et haussa simplement les épaules.
- J’ai hâte de savoir quelle sera ma mission, conclut-il en glissant ses doigts dans sa longue chevelure pour y ôter le pollen des fleurs sauvages.
Sharelune fixait les derniers rayons de l’astre rougeoyant se noyer dans les sombres collines, les yeux brillants, rêvant à d’immenses contrées. A tous ces territoires qui n’attendaient plus qu’à être foulés par elle et sa soif de découverte.
Lorsque la lande se trouva entièrement plongée dans les voluptés de la nuit, Sharelune se leva, époussetant sa robe d’apprenti avant de descendre la colline. Son ami fit de même, et la suivit jusqu’à sa chambre par les jardins. Devant cette dernière, il la retint par le poignet l’attirant contre lui. Elle lui fit face, et attendit le souffle coupé qu’il se déclare.
Sur son visage dansait le ballet des flammes éternelles qui éclairaient la chambre de la jeune elfe. Dans cette faible lumière il put admirer la volumineuse chevelure cuivrée de son amie.
-Sharelune, souffla-t-il en plongeant ses yeux dans les siens.
Un sourire étira ses jolies lèvres roses, et elle se dégagea avec douceur mais fermeté.
- Il est trop tard maintenant, déclara-t-elle. Nous partons demain, et sans nul doute jamais nos chemin ne se recroiseront.
- Ce n’est qu’une question de choix, insista-t-il.
Elle jugea son air malheureux, et hocha la tête.
- Bonne nuit, dit-elle simplement en s’éloignant.
Elle fila d’une démarche douce et féline jusqu’à sa chambre. Avec précaution elle referma la porte coulissante derrière elle, lui lançant un dernier regard.

La grande cour du Monastère était irradiée de lumière en ce magnifique début d’après midi. Tous les élèves terminant leur apprentissage se trouvaient là, assit en file indienne, attendant le début de la cérémonie dans une bruyante agitation. Tous étaient vêtus d’une robe bleue et ornée d’une ceinture de tissu teintée d’un ton différent significative de leur rang.
Sharelune se trouvait au fond de la cour, entourée par ses amies qui spéculaient de vives voix sur leur future affection. La jeune elfe soupira en levant les yeux au ciel. Le soleil était à son zénith, et chauffait les pierres blanches dans une chaleur épouvantable. Près d’elle, Dorian restait silencieux, regardant droit devant lui, vers l’estrade où allait bientôt apparaître la Sage mère. Elle lui fit un signe de la main, mais n’obtint aucunes réponses. Elle regrettait d’avoir été si maladroite avec lui hier soir. Soupirant de nouveau, Sharelune reporta sur attention sur les bâtiments qui l’encerclaient, priant pour que son calvaire se termine enfin. Elle fut exaucée, car quelques secondes plus tard, une porte coulissante s’ouvrait, laissant place à la Sage mère, accompagnée par les professeurs.
Elle avait la mine grave, comme toujours, et son chignon était retenue dans une coiffure complexe, bariolée de jade et d’or. Montant sur l’estrade de pierre, son escorte se plaça à ses côtés, elle leva les mains pour imposer le silence.
Le calme retomba dans la cour qui se transformait peu à peu en sauna, toute l’attention des élèves se focalisa sur la Sage Mère, et celle-ci commença à leur énoncer les préceptes de l’école, puis du Magicien.
Le Monastère Galanseel, était le seul dans le monde à enseigner la magie. Car rares étaient les enfants naissant avec une prédilection naturelle pour les arcanes maniant l’essence et la matière. Faisant d’eux des êtres exceptionnels. De ce fait, les mages quelques soient leur profession, étaient respectés et adulés. Ils étaient également les seuls à pouvoir communiquer avec l’Oracle : la voix des Dieux. Tous les mages en avaient la capacité, mais l’Oracle seul choisissait à qui il s’adressait. A la connaissance de Sharelune, seules dix personnes dans le monde avaient eut cet honneur.
La Sage Mère, acheva la première partie de la cérémonie. Sharelune ne tenait plus en place. Elle tremblait d’excitation. A présent c’était la remise des bâtons. Chaque mage finissant sa formation en obtenait un, marquant d’une part leur rang, et d’autres parts, cet objet leur permettait de transformer l’essence en matière. Donc de lancer des sorts.
Sharelune s’était spécialisé dans le combat au corps à corps. Elle savait donc manier une lame longue sans difficulté. La magie pour elle, ne serait qu’un soutien à son effort. Elle était d’ailleurs la seule fille dans cette section.
La remise des certificats et des missions commença avec la section des Alchimistes. Sharelune soupira, à tous les coups elle passerait en dernière, et d’ici là, aurait eut le temps de mourir trois fois, desséchée par le soleil aride. Par ailleurs elle n’en n’avait jamais vu d’aussi radieux et chaud depuis longtemps. Pourquoi avait il choisit ce jour ci pour se manifester avec cette importance ? Maugréant quelques mots dans le vague, elle ne vit pas tout de suite la raison de la soudaine hilarité générale. Levant les yeux vers l’estrade lointaine, elle discerna la vieille Suh, sortir de l’aile ouest, en scandant le nom de Sharelune. Elle était vêtue d’un peignoir qui chutait sur ses épaules flétrie par les années, et brandissait un petit peigne dans sa main en direction de la Sage mère.
La jeune elfe ne put s’empêcher de sourire en contemplant la magnifique coiffure hirsute rose bonbon de sa professeur. Des dizaines de regards d’étudiants se posèrent sur elle, l’acclamant pour sa sublime farce. Et sous un ordre hurlé par la Sage mère pour couvrirent le tohu-bohu, elle se leva et gagna honteuse l’estrade sous une salve d’applaudissement.
En arrivant près d’elle, Sharelune ne tremblait plus d’excitation, mais de peur en croisant le regard furibond de sa supérieure courroucée. La vieille Suh continuait d’hurler des injures à son attention. La Mère lui imposa le silence d’un mouvement impérieux du bras, et celle-ci se rangea près des professeurs en essayant de mettre de l’ordre dans ses cheveux.
- Mademoiselle Dehlaren Sharelune, commença-t-elle d’une voix forte.
La jeune mage lame baissa les yeux, contorsionnant nerveusement ses doigts contre son ventre.
A nouveau le silence s’abattit sur l’assemblée. Et elle put sentir le regard de tous ses camarades se poser sur elle. Elle réprima un frisson, et déglutit quand la Sage mère parla de nouveau.
- Je vois que quelques soient les situations et leur gravité, tu t’amuses toujours à bafouer le respect de tes aînés. Sais-tu donc la punition que tu risque ?
Sharelune ne savait pas, mais imaginait sans peine. La panique l’envahit brusquement, et elle tenta de faire abstraction de son environnement pour retrouver une paix intérieure.
La Mère attendit quelques secondes, et éructa violemment :
- Tu fais honte à notre Ordre ! Que t’avons-nous enseigné durant ces dix années ? Le respect des autres, de la nature, de la foi et de toi-même ! Mais ton apprentissage est un échec complet !
La jeune elfe aurait voulu rétrécir, jusqu’à disparaître totalement de leur vue, s’échapper loin de tout cela. Immobile, elle attendait dans la crainte de son jugement. Tête basse, elle ressentit alors une douce vibration parcourir son corps, elle grandit jusqu’à l’ébranler au plus profond d’elle-même, et Sharelune poussa un cri. Elle posa une main son cœur, incapable de comprendre ce qui venait de lui arriver.
La Sage mère la regardait subitement, d’un air plus serein et adoucit. Elle ferma les yeux de courtes secondes, et les rouvrit en murmurant quelques mots. D’un regard, elle enjoint le corps professoral de la suivre, ainsi que la brunette, désorientée par son ressentiment.
La vieille Suh, resta sur l’estrade, jugeant d’un air mauvais les élèves qui la regardaient en s’esclaffant.
Le petit cortège prit la direction, d’un endroit que Sharelune connaissait bien : la bibliothèque. Mais au lieu d’emprunter la grande porte, La Sage mère, continua sa route dans les couloirs aux murs peints de fresques animales et naturelles. La jeune elfe suivait, comprenant peu à peu où on l’emmenait dans le plus grand recueillement. Le bureau de la Mère.
Celui-ci était spacieux, le parquet couvert de tapis aux motifs chatoyants, et les murs dissimulés derrière de grandes bibliothèques jonchés d’ouvrage dont Sharelune n’avait jamais vu la couverture. Au centre de la pièce, sur le grand bureau de chêne laqué, reposait une sphère constituée uniquement d’une matière organique et mouvante, aux reflets bleutés et envoutants. Les professeurs se disposèrent tout autour du bureau, un air solennel ancré sur leurs visages. La mère, dans sa grande robe de cérémonie, s’approcha de l’orbe frémissant et ordonna à son élève de venir près d’elle.
Sharelune vint d’un pas mal assuré à sa rencontre. C’était la première fois de sa vie qu’elle voyait cet orbe, unique moyen de communication avec l’Oracle. Fascinée, ses yeux ne voulaient plus s’en détacher.
- L’Oracle à parlé. Sharelune, as-tu sentis son appel ?
La jeune mage lame repensa à la sensation qui l’avait envahit quelques minutes plus tôt, et hocha la tête.
- Cela n’était pas arrivé depuis plus de trois siècles. Jamais l’Oracle n’avait manifesté le besoin de parler à une apprentie.
- Le…l’Oracle veut me parler ? Bredouilla Sharelune incrédule.
- Oui, répondit la Mère. J’ai sentis son appel en toi. Maintenant viens ! Ne le fais pas attendre plus longtemps !
La jeune elfe s’approcha davantage et sa supérieure saisit son poignet avec rudesse, le plongeant dans la sphère. Sharelune glapit, un chant cristallin s’éleva à ses oreilles et l’espace qui l’entourait disparut dans un grand éclat de lumière. Elle leva les mains à ses yeux pour se protéger, et entendit une voix s’insinuer en elle. Incrédule, elle se redressa pour observer son nouvel environnement. Ce n’était qu’une mer de nuage, sans ciel et sans soleil.
La voix lui soufflait des choses, envahissait sa tête et son esprit. Elle lui parla d’un temple, loin très loin d’ici, un endroit qui marquerait le début de sa grande destinée.
Sharelune se fit violence pour garder une harmonie spirituelle, mais le flot d’essence qui se répandait en elle, lui laissait une sensation de brûlure de plus en plus vive et douloureuse. Elle se sentit aspirée, et tout se stoppa quand elle ouvrit de nouveau les yeux pour voir la Sage Mère l’observer d’un regard recueillit.
Figée, elle reprenait pied dans la réalité, s’enivrant de cette expérience mystique. Le soleil entrait par les fenêtres, chauffant doucement la pièce. Sharelune s’extasia un instant de cette quiétude, en inspirant longuement.
- L’Oracle….était-ce sa voix ? Fini-t-elle par demander.
Sa supérieure spirituelle branla du chef.
- Dans le monde, il n’y a que dix sphères comme celle-ci. Et pour chacune d’entre elle, un mage est désigné par l’Oracle pour en avoir l’exclusivité. Ce qui vient de se passer est synonyme de grands changements.
- Des changements ? Que voulez vous dire ?
La Sage mère remua faiblement la tête, d’un air anxieux et contrit. Les professeurs ne disaient mots, mais semblaient méditer eux aussi sur les conséquences de cet évènement.
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Dim 1 Mar - 20:14

La procession revint dans la cour après près d’une demi-heure d’absence. Sharelune partit reprendre sa place, mais la Sage mère lui commanda de rester près d’elle. Elle leva les bras vers ses élèves pour attirer leur attention.
- Mes chers enfants. L’Oracle a parlé ! Comme chaque année, c’est lui qui me confie les missions que vous vous voyez attribué. Aujourd’hui une grande chose vient de se produire. L’Oracle a montré le désir de communiquer avec votre camarade Sharelune. Personne d’autres que moi ici n’avait put plus entrer en contact avec l’Oracle. Sharelune est donc a un tournant important de sa vie, et de la notre.
Pour accompagner sa parole, la Mère fit remettre à la jeune elfe, son certificat retenu par un ruban rouge et soyeux, et enfin son bâton.
La mage lame eut les larmes aux yeux quand elle le reçût. Au bout d’un long manche en bois lisse et laqué, trois longues griffes d’argent retenaient une pierre ovale d’un bleu profond. Sharelune plongea son regard dans cette dernière, envouté par la flamme qui y brulerait éternellement à son contact.
La vieille Suh, atterrée de la nouvelle annoncée par la Sage mère, fit simplement un signe de tête à son élève, alors que les professeurs la félicitaient. D’une allure fière et assurée, elle regagna sa place. En s’asseyant, elle surprit le regard de Dorian et lui sourit avant de replonger dans la contemplation de son magnifique bâton.


Le lendemain matin, tous les jeunes nouveaux diplômés se pressaient sur le quai de la petite ville côtière d’Ursac, à quelques kilomètres au sud du monastère. C’était une journée magnifique. Le ciel était dégagé, et une brise chaude balayait la mer Carastienne.
Sharelune embrassait ses parents chaleureusement. Sa mère Nala pleurait à chaudes larmes, et son père proutprout ému souriait fièrement.
- Comme vous allez me manquer, déclara la jeune mage lame en étreignant pour la dernière fois sa mère.
Elle lui remit un sac contenant plusieurs robes et vêtements de voyage, car le monastère ne fournissait que la robe d’apprenti aux élèves. Son père quant à lui, lui remit un objet lourd enroulé dans une étoffe pourpre et moelleuse.
- Mais…Père, c’est ton épée ! S’exclama la jeune elfe entre effarement et jubilation.
- Elle te sera plus utile qu’à moi ma fille, déclarait il en souriant. Je t’offre également une cape de velours pour te protéger quand l’hiver sera venu.
- Merci, dit elle simplement les yeux humides.
Les professeurs chargés d’accompagner les élèves jusqu’à leur embarquement firent un appel général, leur indiquant qu’il était l’heure du départ.
Sharelune embrassa son père, et caressa la joue de sa tendre génitrice avant de grimper sur un des trois grands bateaux blancs.
Quelques minutes plus tard, les matelots larguaient les amarres et la jeune elfe se précipita sur la rambarde tribord pour saluer une ultime fois ses parents. Autours d’eux, toutes les autres familles étaient venues pour donner un dernier adieu à leurs enfants. Tous, amassés sur le bord des quais levaient les bras en direction des grands bateaux jusqu’à qu’ils ne disparaissent dans le lointain.
Sharelune monta sur la tête de proue du bateau, et inspira les embruns de la mer, laissant son visage se noyer dans le soleil blanc du matin. Il n’était plus temps pour elle de regarder en arrière. C’était l’air d’une nouvelle vie qu’elle respirait et que naïvement elle espérait pleines de surprises, de joies et de rencontres.

Après deux semaines de voyages passés dans la plus grande sérénité, les élèves atteignirent le grand continent. Ils furent déchargés sur un rivage sauvage près de la grande forêt qui bordait Emirende et Midenia.
Sharelune avait été la première à mettre pied à terre, hurlant sa joie au monde entier. La route pour elle serait encore longue et semée d’embûches dont elle entendait bien triompher grâce à son savoir. Ses premiers objectifs étaient de trouver son chemin, un village dans lequel elle pourrait se fournir en nourriture, et une monture.
Dorian la rejoignit alors qu’elle scrutait les environs vallonnés.
- Alors tu te sens prête ? Questionna-t-il en enfonçant ses mains dans les poches de son pantalon de toile noir.
- Ce n’est plus vraiment le moment d’hésiter.
Elle avait sortit une carte du monde et sa boussole, et consultait le meilleur itinéraire. Son ami pointa son doigt sur un endroit de la carte, à environ deux cent kilomètres de là où ils se trouvaient.
- On pourrait faire un petit morceau de chemin ensemble, ma destination se trouve ici.
Sharelune traça des trajectoires diverses depuis leur emplacement jusqu’au sud d’Aldamen, le plus grands pays des états fédérés elfique.
A une cinquantaine de kilomètres, au sud est de la mer Carastienne, une petite chaine de montagne chevauchait la frontière de Midenia et d’Aldamen. La jeune mage lame devrait donc faire un petit détour, et accepta de faire route avec son ami.
Le soleil déclinait peu à peu. Dans quelques heures, ils passeraient leurs premières nuits loin de chez eux en terre inconnue.
- Je suggère que nous avancions, proposa Dorian en indiquant le sud vallonné.
Sharelune hocha la tête, et jeta un dernier regard à ses compagnons qui venaient de finir de débarquer, échangeant des belles promesses de réunions et des adieux chaleureux.
- Tu ne veux pas les saluer, une dernière fois ?
La jeune elfe ne répondit pas, saisit par l’appréhension et la peur de ne plus jamais revoir tous ses camarades réunit comme en cet instant. Elle sentit la main du brun se poser sur son épaule, et se détourna. Elle courut quelques mètres et le regarda en souriant malicieusement. Dorian courut derrière elle, ainsi commença leurs périples.
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Dim 1 Mar - 20:15

Chapitre 2


La grande plaine était baignée d’une intense lumière blanche. Les herbes folles se pliaient sous les rafales de vents, ondulant en de longues vagues dorées. Un elfe blond se trouvait là, au faîte d’une haute falaise escarpée. En bas, dans la mer végétale déchainée, l’image d’un guerrier moulinant son épée s’estompait par intermittence, toujours sur la mort de l’homme d’arme.
Au loin dans le ciel nébuleux, il pouvait voir l’image de sa mère, floutée, illuminée d’une douce aura, et resplendissante. A nouveau le guerrier qui affrontait valeureusement un ennemi invisible trépassa. L’elfe hurla, penché sur le rebord de l’éminence, mais seul le vent lui répondait. Il ne comprenait pas. De nouveau l’homme apparut. L’elfe le connaissait. Cette armure, cette allure, cette arme, cette bravoure : c’était son père. Son père qui mourrait inlassablement. Pris dans cette illusion qui paraissait sans fin.
Soudain, dans un éclat de lumière, une silhouette éthérée jaillit. L’elfe plissa les yeux. Le visage de l’apparition se faisait de plus en plus précis et son corps devenait tangible. Un frisson parcourut son échine, et il se jeta à corps perdu du haut de la falaise. L’entité lumineuse se muait lentement dans sa direction, et ouvrit ses bras pour le recueillir.

Yael ouvrit les yeux en poussant un cri. Stupéfait, il resta allongé en sueur, haletant. Il passa une main sur son visage et se redressa en repoussant les draps moites de son lit. Encore ce rêve, ce rêve où son père mourrait sous ses yeux. A chaque fois, il avait l’impression d’être plongé dans une autre dimension où tout devenait tangible. Où il demeurait faible et impuissant.
Inspirant longuement il se leva pour sécher la sueur qui coulait sur son corps musculeux. Il repoussa sa longue chevelure dorée, plongea ses mains dans un récipient de porcelaine pour y puiser de l’eau et se rafraichir le visage.
Au dehors, la nuit avait étendu son voile noire sur les toits de la fière cité d’Almen. Yael sortit sur le balcon, et prit place contre la balustrade de pierre. L’air calme et chaud de cette douce nuit d’été le détendit. Son regard se perdit dans la grande cité endormit, et il songea de nouveau à son rêve.
Quelle était cette jeune femme qu’il avait vue ? Pourquoi était elle venue à sa rencontre. Etrangement il se sentait lié à elle. Elle semblait posséder les réponses à toutes ses interrogations. Plus il y pensait, et plus cela devenait clair dans son esprit. Cette femme, cette elfe, il en avait déjà rêvé quelques nuits auparavant. Mais était elle seulement réelle où s’agissait il d’une pure œuvre de son esprit ? Son intuition lui disait que non. Qu’il devait la trouver le plus vite possible. Et sa mère qui lui apparaissait, avec le visage emplit de la bonté qui lui avait toujours connu, susurrant la mort de son mari. Lui parlait-elle vraiment ? Avait-elle également des projets pour lui, et pour cette belle elfe lumineuse ?
C’est décidé, au petit matin, il prendrait un cheval, quelques vêtements de voyages, et fuirait là où le porterait ses pas. Vers le sud, lui avait dit une voix cristalline, une nuit : à la recherche de cette jeune femme. Elle est la clé, pensa-t-il.
La clé.

Deux longues semaines s’étaient écoulées, depuis que les jeunes mages avaient quitté les rivages de la mer Carastienne. Le chemin de Sharelune et Dorian s’était effectué jusqu’alors sans encombres. Quelques jours plus tôt, ils avaient traversé une bourgade dans laquelle, ils avaient put faire le plein de provision séché. Mais ils n’avaient pas trouvé de relais, et donc pas de cheval. Cela ne les empêchait pas de voyager gaiement.
- C’est très boisé par ici, reconnut Sharelune qui avait troqué sa longue robe bleue pour un pantalon de coton et un chemisier de soie.
- Oui, alors qu’hier encore nous longions la montagne.
La mage lame inspira longuement, s’enivrant de tous les fragrances qui l’environnaient, en cette merveilleuse après midi.
Dorian marchait légèrement en retrait pour pouvoir observer sa camarade à loisir. Sa taille mince était moulée par son chemisier, et il pouvait apercevoir le galbe de ses longues jambes à travers le coton gris de son pantalon. Ses longs cheveux cuivrés couraient jusqu’à sa croupe qu’elle ondulait exagérément en flânant dans la végétation. Elle ne semblait même pas voir son manège tant elle s’émerveillait de tout ce qui l’entourait.
Le soir venu, ils firent halte près d’un lac à l’eau claire qui reposait paisiblement sous de grands chênes feuillus.
Sharelune, avait jeté ses vêtements sur la berge dès leur arrivée et plongée dans l’étendue calme. Dorian rassembla du bois pour faire un feu qu’il alluma à l’aide d’un simple sort. Il rejoint sa camarade qui se prélassait en ébrouant sa longue crinière. Elle lui fit un signe de la main quand elle le vit s’approcher. Il se pencha pour mesurer la température de l’eau du bout des doigts.
- Elle est bonne, lui assura Sharelune en souriant.
- Hum, tu aurais put attendre que l’on échange quelques passes avant de plonger.
- Ce que tu peux être conventionnel, soupira-t-elle. Tu as peur d’abîmer ta peau de bébé en te baignant maintenant et deux heures plus tard ?
Il se renfrogna.
- Très bien, maugréa-t-il en posant ses yeux pour tenter de distinguer le corps nu de sa camarade dans l’eau devenue trouble. Je vais m’entrainer seul.
- Fais donc ! Pendant que je prends du bon temps, déclara-t-elle en se dirigeant près d’une bute qui bordait le lac.
Il la suivit du regard, puis retint son souffle quand elle sortit de l’eau pour se servir l’élévation naturelle et plonger. Un instant il fut tenté d’arracher ses vêtements et de la rejoindre pour la serrer contre lui, mais oublia vite, se remémorant la discussion qu’il avait eut avec elle à ce sujet la veille de la cérémonie.
Sharelune fit de longues brasses et jeta un regard à son compagnon qui se tenait toujours au bord du lac, immobile. Son visage était levé vers la cime sombre des grands chênes, il méditait. Elle nagea encore un moment, puis le rejoins pour échanger quelques passes d’armes avec lui.

« Cher Ynn’hael, cher époux bientôt tu me rejoindras. Bientôt tu pourras de nouveau me serrer dans tes bras que je chéris. J’élèverais ton âme, toi, moi immortels et liés à tout jamais par notre amour. Mon amour, tu dois rejoindre la rivière des Oubliés. Tu dois mourir pour vivre. Pour connaître la véritable vie ! Viens à moi, à moi, oui viens ! Viens ! »
Yael était encore juché sur cette haute falaise. Dans la grande plaine qui s’étendait à ses pieds, l’image de son père avait disparut. Il lui semblait que des milliers d’années s’étaient écoulées. Seule la silhouette d’une magnifique elfe, entourée d’un éblouissant halo de lumière, déambulait au hasard. Il émanait d’elle quelque chose de Divin, de captivant. Elle avait tourné son visage vers le ciel sans couleur et sans soleil. Une longue litanie emportée par le vent sortait de ses lèvres.
Yael se jeta de nouveau du haut de la falaise pour venir à sa rencontre. Il atterrit sans encombre dans la mer végétale houleuse, battue par le vent. Il la chercha du regard et courut à sa rencontre. Elle errait lentement, son corps prenant peu à peu une forme tangible et perceptible. L’elfe déployait de plus en plus d’effort pour la rejoindre, mais malgré sa course, elle semblait s’éloigner davantage de lui à chacun de ses pas.
-Non ! hurla-t-il. Reviens !
Il trébucha et chut lourdement. Une vibration le parcourut, et il releva son visage. La silhouette de la jeune femme se tenait en face de lui. Yael rencontra alors son intense regard émeraude, d’une pureté et d’une sérénité sans pareil. Et la lumière s’intensifia jusqu’à l’aveugler complètement.
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Dim 1 Mar - 20:30

Yael ouvrit brusquement les yeux. Il chevauchait depuis plus de dix heures, et venait de s’endormir pour la troisième fois. La nuit était tombée depuis longtemps, et il décida d’accorder un temps de repos pour sa monture, au prochain point d’eau.
L’elfe aux longs cheveux blonds glissa une main sur son visage en soupirant. Dans son rêve sa mère avait clairement déclaré vouloir la mort de son père. Tremblant, il entraina son cheval épuisé sur un petit sentier boisé.
La douce lueur de la lune ne filtrait pas à travers les hauts chênes sombres et noirs. Si bien que l’animal et son cavalier évoluaient à l’aveuglette. Ils marchèrent une heure encore, quand soudain, l’étalon buta sur une racine envoyant son maitre rouler dans la poussière. Yael heurta violemment le sol en pente, et roula sans parvenir à se rattraper jusqu’à choir dans le vide. Sa chute ne dura qu’une seconde, et il plongea dans le lac près duquel les jeunes mages s’entrainaient sans relâche depuis bientôt trois heures. Le bruit d’eau attira leur attention, et ils s’immobilisèrent promptement.
- C’était quoi ? Demanda Sharelune soudain saisit par l’angoisse.
Dorian fixait les ténèbres, mais ne voyait rien. Son amie prit alors une décision, saisit la garde de sa lame à deux mains, et la fixant intensément psalmodia une incantation.
- Sha….
Il se tût en croisant les yeux révulsés de sa camarade.
Sutra kzeh’in…
Une longue flamme illumina la lame de l’épée, et d’un geste vif de la main lui intima de la suivre. Il s’exécuta. Ils contournèrent le lac, et très vite un nouveau bruit se fit entendre.
Yael jaillit du fond de l’eau en inspirant à fond. Au dessus de lui, il entendait son cheval paniqué chercher un moyen de descendre le rejoindre. Il passa une main gantée dans ses cheveux et gagna laborieusement la rive.
Son regard fut attiré par la lueur d’une flamme, et il se retourna vivement, prêt à dégainer.
- Halte ! Qui vas là ! Héla Sharelune en pointant sa lame devant elle.
- Embrochez moi si je rêve, murmura ahurit Yael en découvrant l’épée enflammée de son homologue.
La jeune elfe qui ne distinguait que sa silhouette, put enfin observer la cause de sa soudaine angoisse.
- Qui êtes vous ! Lança-t-elle d’une voix forte.
- En cet instant juste un pauvre voyageur, dont l’infortune va croissant.
Elle vint à sa hauteur, et leurs yeux se croisèrent. Yael comprit qu’il venait d’atteindre son but en découvrant le visage de la jeune elfe. Elle était aussi belle que dans son rêve.
- Déclinez votre identité avant que je ne vous passe par le fil de mon épée.
- Je me nomme Yael, simple mercenaire en quête de gloire et de fortune. Et vous, vous êtes….
- Sharelune du monastère de Galanseel. Je suis une mage lame.
Elle baissa sa garde, et fut bientôt rejoint par Dorian essoufflé d’avoir longé l’autre coté du lac en courant. Yael s’approcha, levant ses mains pour leur prouver qu’il n’avait aucunes malveillances à leur encontre. Il coula son regard sur Dorian, et ils s’observèrent silencieusement un court moment.
- Que faisiez-vous ici ? Demanda la jeune elfe en rengainant son arme.
La longue flamme blanche qui léchait l’acier disparut au même instant.
- Je chevauchais, en direction du sud. Mon cheval a heurté la racine d’un arbre, et j’ai roulé le long d’une pente avant de tomber dans le lac.
Sharelune le toisa une longue minute, et déclara, sans masquer la méfiance qu’elle ressentait :
- Venez vous réchauffer près du feu, et vous sécher. Nous avons de la nourriture.
- Merci, répondit simplement Yael, trempé et épuisé.
Un ronflement retentit dans les fourrés près d’eux, et l’étalon de l’elfe blond jaillit des ténèbres. Son cavalier tendit sa main vers lui, et susurra quelques mots à son oreille. La bête remua la tête comme si elle comprenait ses paroles.
Ils rentrèrent au campement, et Sharelune proposa de s’occuper de son magnifique étalon à la robe sombre et luisante.
En revenant près du feu, Yael torse nu avait jeté ses vêtements de voyage près du brasier et essorait ses longs cheveux dorés. Les yeux de la jeune elfe coururent une longue seconde sur les muscles saillants de ce dernier, et s'en détourna rapidement en prenant place près de Dorian. Les deux hommes discutaient du fait que le mercenaire ne semblait nullement surprit de rencontrer deux mages, ce qui pourtant n'était pas donné à tout le monde: semblait insister l'elfe mage sur ce point.
Sharelune soupira de mécontentement. Qu'ils soient des magiciens, ne faisaient pas d'eux des êtres supérieurs, et ne désirait nullement sans targuer avec tant d'arrogance.
- Dorian ! Dit-elle de vive voix pour le faire taire.
Il lui lança un regard inquisiteur.
- Cesse une seconde ta mascarade, maintenant s'il te plait.
La vanité, un travers que Sharelune détestait chez tous les magiciens. Car rares prenaient humblement ce don du ciel. Yael leva une main dans leur direction, un sourire paisible marquait son visage.
- Il est inutile de vous quereller à ce propos. Je ne suis pas étonné de rencontrer des magiciens, et cela parce que j'ai eus la chance d'en côtoyer une toute mon enfance.
Il parlait de sa mère, mais jugea inutile de leur préciser. Il préférait si possible garder son anonymat.
- Vous voyagez vers le sud? Reprit le blond en constatant qu'ils avaient attirés leur attention.
- En effet, répondirent ses interlocuteurs en chœur.
- Je ne suis plus très loin de ma destination à présent, ajouta Dorian. Dans peu de temps nos chemins se sépareront Sharelune.
Elle lui jeta un regard affable, et il grimaça en concluant que cela ne semblait lui faire grand peine. Puis jugeant le regard que Yael portait à son amie, il comprit que de toutes manières, il était déjà de trop.
- Avez-vous croisé la route de troupes guerrières?
- Non, répondit la mage lame. Nous aurions dut?
Yael secoua la tête et mordit à pleine dent dans un morceau de viande sèche.
- Alors vous n'êtes pas au courant?
- Au courant de quoi?
Son homologue sourit mystérieusement, mais reprit vite son sérieux. La situation ne prêtait nullement à sourire justement.
- Les états fédérés elfique sont en pleine guérilla politique.
Sharelune vint s'asseoir près de lui, en l'enjoignant de continuer.
- La reine Mi'ihen d'Aldamen est morte y il a deux mois de cela. Et son mari, le roi Ynn'hael délaisse le trône pour de petits potentats régionaux. Vous ne recevez jamais de nouvelles du monde?
- Pas au Monastère, souffla la jeune elfe. Nous sommes vraiment reclus du reste du monde. Nos dirigeants ne veulent plus prendre part à la politique sous peine de devoir prendre parti depuis le grand conflit.
En réalité ça n’avaient pas dispensé les professeurs d’enseigner la politique géographique. Elle se mordit les lèvres, se réprimandant intérieurement de ne s’être jamais rendu à ce cours qu’elle jugeait tant barbant.
- Eh bien vous commencez votre apprentissage sur le terrain en de bien mauvais jours. Vous savez qu'Aldamen est le plus grand pays de la fédération. Et toute sa politique est en train de s'effondrer. Les autres états se battent pour savoir qui reprendra la succession. Mais la situation n'est pas critique puisqu'il y a toujours le prince.
- Quel rapport avec nous?
Sharelune tendit ses mains vers le feu qui s'éteignait peu à peu. La politique, comme la guerre, ça ne l'intéressait jamais le moins du monde.
- Deux jeunes mages en quête d'aventure et de connaissance, dérivant seuls dans un monde en guerre. Que voulez vous qu'ils vous arrivent à part d'être harcelés par toutes les puissances pour obtenir vos faveurs.
- Si ce n'est que ça, soupira la mage. Je voyage incognito.
- Vous ne devriez pas prendre à la légère ce qui se passe. Beaucoup d'Hommes influant se tournent de plus en plus vers vous autres, mages maître de l'essence et de la matière. Si vous pensez être immunisés de par votre statut social, détrompez-vous, certains sont capables des pires méfaits pour vous avoir en leur pouvoir.
- C'est une menace? Posa Dorian d'une voix qui cachait mal son animosité.
- Juste un avertissement, termina Yael en se penchant dans sa direction. Mais faîtes en ce que bon vous semble.
Sharelune méditait, ses intenses yeux verts plongés dans la contemplation des flammes rougeoyantes. Elle avait oublié la sueur qui avait poissé ses vêtements lors de l’entrainement avec son ami.
Dorian continuait de toiser le sois disant mercenaire, avec méfiance.
- Et vous que faites vous dans tout ça? Vous offrez votre épée au plus offrant?
- Disons que pour l'instant je ne prends le partit de personne, car personne n'est du mien.
- Evidemment, un homme seul face à un état, qui serait assez fou pour se ranger à vos côtés alors que vous n'avez aucuns intérêts dans cette guerre.
- Tout à fait d'accord! Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je suis exténué j'aimerais me reposer.
- Bien sûr, répondit Dorian. Je vous laisse ma couverture si vous le désirez.
- Ce ne sera pas nécessaire, j'ai ce qu'il faut dans mes fontes.
Ils se levèrent, et le jeune mage vint s'accroupir près de sa camarade. Le ballet des flammes brillaient dans ses iris, irradiant son visage de lumière et de beauté. Il posa une main sur son épaule et lui proposa d'aller se laver avant de dormir.
Elle acquiesça silencieusement.
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Nakara / Rob1 Dim 1 Mar - 21:10

Bon, je vien de lire le chapitre I .Mes critiques :bah... je vais lire le chapitre II demain Very Happy
Plus sérieusement je suis tombé dedans depuis la première phrase! J'ai hatte de lire la suite demain =)
Nakara / Rob1
Nakara / Rob1
Amuse gueule

Messages : 19
Date d'inscription : 16/07/2008
Age : 29
Localisation : La Réunion(974) ou en vacs à LE HAVRE(76)

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Lun 2 Mar - 20:01

Après deux jours de voyage, ils rejoignirent la grande route qui traversait les royaumes. Dorian devait continuer son voyage vers l’ouest, et quitta sa camarade. Yael scrutait avec inquiétude la voie de terre battue, pendant que les deux mages s’étreignaient pour la dernière fois.
- Ce n’est pas un adieu Sharelune, souffla-t-il en baisant son front.
- Seul l’Oracle le sait Dorian.
- Laisse moi croire que je te reverrais vivante dans quelques années.
- Si nos chemins se recroisent un jour.
Il jugea son regard ferme et mélancolique.
- Peut être d’ici là, tu auras changé d’avis à mon sujet, suggéra-t-il.
Elle se contenta de sourire. Il baisa ses lèvres, et caressa sa joue avant de se retourner. Sans un regard un arrière, il fila vers sa destination, son long bâton ceignant son dos comme l’aurait fait l’épée d’un grand seigneur.
- Ne trainons pas, déclara Yael. La grande route n’est plus sûre. Je nous suggère de continuer par les bois.
- Parce que vous comptez m’accompagner ?
- En effet j’ai fort à faire dans le sud.
- Affaires personnelles ? Je pensais que vous ne vouliez pas vous mêler des conflits politiques.
- Je vous en prie, avançons, maintenant que nous sommes plus que deux nous pouvons voyager à cheval.
Et pour appuyer ses mots, il souleva sans peine la jeune mage pour la monter sur son étalon. Il grimpa devant elle, et poussa sa monture vers le sud.

Ils voyagèrent un long mois à travers Aldamen et Midenia.
Yael s’étonna de l’attitude de la jeune femme, à la fois naïve et méfiante elle le laissait voyager avec elle, alors qu’elle ignorait ses intentions. Il n’osa imaginer ce qui serait advenu d’elle si un autre moins scrupuleux avait croisé son chemin.
Sharelune appréciait les grands vallons fleuris, et les petites forêts qu’ils traversaient pour voyager dans la plus grande discrétion. Au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient vers le sud, la température chutait, si bien que les jeunes gens, revêtus dans de lourdes étoffes de velours et de laine, restaient pelotonnés l’un contre l’autre durant la journée. Le puissant cheval de Yael ne montrait pas le moindre signe de fatigue, et la mage lame, préparait de temps en temps une décoction qu’elle lui faisait inhaler. Pour le ragaillardir quand leurs chemins devenaient longs et laborieux.
Cela faisait presque deux semaines que Sharelune n’avait plus vu le soleil, le ciel toujours chargé de nuages gris et menaçants. Un soir, après avoir monté le bivouac elle demanda à son compagnon si le temps restait le même dans ces terres toute l’année.
- Dans le sud oui c’est courant. Mais, je pense que le lieu où tu désire te rendre sera plus ensoleillé.
- Je l’espère, soupira-t-elle en s’allongeant dans l’herbe grasse.
Un long moment s’écoula.
- Que dirais tu d’un bon gibier fraichement chassé par tes bons soins.
Yael qui affutait la lame de son épée releva la tête. Ils échangèrent un regard entendu, et le jeune elfe blond capitula. Il s’arma d’un grand arc aux rainures argentées et partit dans la nature, en lui recommandant de rester prudente.
Depuis qu’il avait rencontré Sharelune, il n’avait plus rêvé et nourrissait de forts doutes quant à la véracité de ses songes. Ce n’était peut être, après tout qu’un simple rêve.
Yael grimpa sur une éminence et s’accroupit dans les fourrés. Il avait entendu un bruit léger.
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Lun 2 Mar - 20:02

Pendant ce temps, au campement la mage lame s’était plongée dans la lecture d’un vieux livre qu’elle avait comme de nombreux autres emportés avec elle. La luminosité baissait peu à peu, mais cela ne semblait pas la déranger. Elle médita intensément, jusqu’à sentir une lame d’acier froide se coller sur sa joue. Surprise elle relâcha son ouvrage et roula sur le côté pour faire face à son assaillant.
Ce n’est pas un homme qu’elle vit, mais cinq, tous à pieds, tenant leur chevaux par la bride. Ils paraissaient fourbus et malveillants. Elle tenta de conserver son calme mais à en juger par l’attitude des guerriers, ils n’étaient pas là pour demander leur chemin.
Celui qui l’avait menacé, retourna le livre que Sharelune lisait, et tourna les pages de la pointe de son épée. Les schémas et les illustrations qu’il y trouva, lui firent comprendre rapidement qu’il ne s’agissait nullement d’une voyageuse ordinaire.
Tous étaient des elfes de grande taille, le teint sombre, équipés de cuirasses cloutées, maillés et couverts de boue. Celui qui paraissait être le chef de la troupe ricana d’un rire gras et mauvais.
- Une magicienne ! Rien que ça…
Il tourna un regard concupiscent qui fit frissonner la jeune elfe. Son épée et son bâton se trouvaient près de ses sacs, à quelques mètres d’elle. Si elle parvenait à s’en emparer, la situation pourrait tourner à son avantage. Le guerrier suivit son regard, et se pencha pour ramasser son arme. Il observa le manche laqué et le joyau luisant.
- Lâchez ça ! cracha-t-elle.
- Sinon quoi ? railla l’autre. Tu me transforme en torche vivante ? Alors vas-y !
Elle le foudroya du regard. Deux guerriers virent l’entourer et l’agrippèrent aux épaules d’une poigne de fer. Elle se débattit farouchement en vociférant de vaines menaces. Leur chef vint à sa hauteur, et les deux hommes firent agenouiller leur captive.
- Fouillez ses affaires, elle doit sûrement avoir quelque chose qui pourrait nous intéresser, ordonna-t-il à l’attention des deux autres elfes.
Ils s’exécutèrent et commencèrent à retourner et vider les sacs.
- Pourriture ! éructa la jeune mage.
Il posa la pointe de son épée sur son menton, et la força à relever son visage. Sharelune déglutit, regardant les autres mettre à sac ses précieuses affaires. Elle sentit l’acier froid descendre lentement le long de sa gorge, et ferma les yeux, tremblante de peur. Un a un les boutons de son corsage sautèrent, mais elle n’osait plus bouger trop apeurée de sentir l’arme transpercer sa chair.
- Qu’est ce que vous me voulez !
- Juste s’amuser un peu.
Un mauvais sourire étira effroyablement les lèvres du bretteur alors que les seins blancs de la jeune elfe lui étaient révélés. Comme si ce n’était pas suffisant, il leva sa jambe et aplatit son pied sur sa poitrine pour la plaquer sur le sol. Elle poussa un cri de douleur et se débattit avec l’énergie du désespoir. Il appuya plus fort, compressant sa poitrine jusqu’à l’entendre suffoquer.
- Capitaine ! Venez voir !
Ledit capitaine se retourna, permettant à la jeune mage de respirer de nouveau. Elle sentait monter en elle un cataclysme et se concentra pour le refréner. Si elle perdait son harmonie intérieure, elle ne pourrait plus contrôler l’essence qui flottait en elle.
- Qu’est ce que c’est ? Grogna-t-il en venant à sa hauteur.
Le guerrier lui tendit un médaillon dans lequel était incrusté un rubis parfaitement taillé.
- Par la malemort ! haleta le capitaine à mi voix. Mais c’est le médaillon du roi d’Aldamen !
Furieusement il revient vers Sharelune et plaqua la chaine contre sa joue. Elle sentit l’acier pointu de ses gants s’enfoncer dans sa peau. Elle gémit et se mit à sangloter.
- Tu sais ce que c’est sorcière ? rugit le soldat.
Il appuya plus fort sur sa joue et du sang perla sous ses gantelets.
- Je ne sais pas, bafouilla Sharelune en proie au froid et à la douleur.
- Alors tu ne sais pas le sort qui t’es réservé !
La jeune elfe sentit l’autre main gantée du guerrier empoigner un de ses seins, et le presser jusqu’à l’entendre hurler de nouveau.
- Arrêtez je vous en prie, gémit elle.
- A oui ?
Il leva son poing et l’abattit sur son estomac. Sharelune cria, et à nouveau cette main brutale s’abattit sur elle. L’un des deux guerriers qui la maintenait plaqué au sol se pencha jusqu’à son oreille pour lécher sa peau de pêche. Le capitaine repoussa violemment son subalterne en grognant.
- Cette chienne est pour moi.
Pour appuyer ses mots, il tira son pantalon de coton en plongeant sa main entre ses cuisses.
- Je sais que tu aimeras, tu hurleras, tu me supplieras, glissa-t-il à son oreille.
Une vague de dégout monta en elle quand son haleine fétide envahit son visage, et que l’acier froid se pressait contre son intimité. Soudain, alors qu’elle pensait son heure arrivée, le capitaine qui s’affairait à soulever sa cotte de maille pour dénouer son pantalon roula à ses côtés, une flèche fichée dans sa tempe. Les guerriers qui maintenaient la jeune femme ne bougèrent pas d’un pouce, échangeant un regard esbaudi avec leurs frères d’armes. Une autre flèche transperça l’œil d’un elfe qui s’effondra sans un cri.
Pestant d’infâmes jurons ils se levèrent, et Sharelune, empêtrée dans ses vêtements, rampa jusqu’à ses affaires. Un homme plaqua son pied sur son bâton pour ne pas qu’elle puisse s’en emparer. Elle posa une main sur le long manche et ses yeux se révulsèrent.
- Arrête ! hurla le soldat.
- Trop tard ! glaviotta la mage.
L’instant d’après des flammes jaillirent des interstices de son armure, et fou de douleur il leva son épée en hurlant. Les deux derniers guerriers s’étaient précipités dans la direction du tireur, fuyant par la même occasion la magicienne courroucée.
Yael rangea son arc, et dégainant son épée bondit de la branche sur laquelle il était perché. Devant lui deux hommes chargeaient, armes au poing. Il para le premier assaut habilement, mais fut bien vite submergé par les coups précis et puissant de ses adversaires. Il moulina sa lame dans leurs jambes, mais les guerriers étaient aguerris, et esquivèrent sans le moindre effort.
Rapidement Yael sentit l’acier traverser son pourpoint de cuir et couper la chair de son flanc droit. Et il comprit qu’il ne pourrait s’en défaire seul.
Subitement les bretteurs cessèrent leurs frénétiques mouvements, et lâchant leur épée se mirent à remuer comme des possédés. Leurs mailles rétrécissaient à vu d’œil, comprimant leurs muscles et leur ossature dans un affreux bruit de chair déchirée. Derrière eux, le jeune elfe blond aperçût son amie, qui avançait son bâton tendu dans leur direction. La pierre incandescente nimbait l’atmosphère d’une pâle lueur qui s’intensifiait à mesure qu’elle venait sur eux. Yael recula et les deux guerriers, dans de longs hurlements d’agonies churent, une mare de sang s’écoulant de leurs cadavres. Le calme retomba dans le bosquet, haletant il observa Sharelune les yeux révulsés se stopper, et baisser son bâton. Il croisa son regard redevenu normal et vint à sa rencontre. Elle tomba dans ses bras, crachant du sang dans un long gémissement de douleur.
- Sha’, murmura-t-il à son oreille en la soulevant contre lui.
C’est le dernier mot qu’elle entendit avant de perdre conscience.
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Lun 2 Mar - 20:02

Elle s’éveilla dans un espace inondé de lumière. Autour d’elle s’élevait le chant des grillons et des oiseaux qui lui étaient si familier. Elle ouvrit les yeux, une sensation de bien être intense la saisissant alors qu’elle observait la grande plaine luxuriante. Levant son visage vers un ciel blanc et sans soleil, savoura l’inconnue chaleur dans laquelle elle aima se prélasser. Puis elle plongea ses mains dans les fleurs sauvages et se pencha pour s’enivrer des fragrances vives et épicés.
- Sharelune.
La voix semblait avoir jaillit des cieux. La mage lame se leva brusquement. Il lui était impossible de savoir d’où provenaient ces paroles.
- Petite Sharelune.
Devant elle, une silhouette floutée se forma. Le visage d’un elfe, respirant de bonté et de sagesse lui apparut.
- Qui êtes-vous ? Où suis-je ?
Son interlocuteur prit une forme tangible, et la jeune elfe fixait ce grand guerrier, dans une magnifique armure bleutée qui lui inspira paix et bienveillance.
- Mon enfant, sourit il. J’ai longtemps attendu cet instant.
- Je ne comprends pas.
- Je suis ton père Sharelune. Ton père de sang.
Elle se stupéfia. Pourtant tout son environnement l’influençait de telles sortes qu’elle restait calme et apaisée.
- Je rêve.
- Oui tu rêve. C’est d’ailleurs pour ça que je peux te voir. Tu es aussi belle que ta défunte mère.
- Mais alors, mon père, ma mère Nala et proutprout, ne sont pas mes vrais parents ?
Elle sentit une larme poindre au coin de ses yeux. C’était tout simplement impossible.
- Ma fille, je viens à toi en ce jour car j’ai beaucoup à t’apprendre.
- Pourquoi ! Glapit-elle. Pourquoi m’as-tu abandonné !
- Je ne pouvais pas m’occuper de toi. Tu étais prédestinée à la magie, je ne devais pas t’empêcher de t’accomplir.
Sharelune lui tourna le dos, les mains sur ses oreilles, les larmes coulant sur ses joues. Elle ne voulait pas croire ce qu’elle entendait. Mais pourtant, tout ne lui semblait que vérité.
- Je ne vous connais pas, pourquoi vous croirais-je ?
Le guerrier était à nouveau devant elle. Leurs regards se lièrent, et tout au fond des incroyables iris teintés de jade de l’elfe, elle s’y reconnut.
- Ma fille, il y a trois siècles de cela, mon épée avait ramené la paix dans le monde des Hommes et des Elfes. Et quelque chose d’incroyable arriva. Je fus élevé sur le plan des Immortels. Le plan des dieux.
- C’est impossible ! Souffla Sharelune de plus en plus perdue.
- C’est pourtant la vérité. Un Dieu, a vu mon âme plus brillante et vibrante que toutes les autres, et m’a élevé.
- Mais alors comment pouvez vous être mon père !
- J’ai attendu deux cents années avant de me réincarner. Les gens se souvenaient de mon nom, mais je n’avais rien laissé d’autre derrière moi. J’étais fou amoureux d’une femme, ta mère. Et avant mon ascension je n’avais pu me déclarer. Aussi je suis revenu parmi les humains, et tu es née.
- Alors où se trouve ma mère ! Pourquoi vous ne m’avez pas élevé !
- Ta mère est morte en couche. Et comme je te l’ai dis, tu présentais des prédispositions à la magie. Je t’ai amené au monastère de Galanseel, qui t’a trouvé une famille d’accueil.
- Et vous alors…que vous est il arrivé ?
- J’ai quitté le monde mortel. Je suis dans une dimension à la limite des vivants et des Dieux.
- Qui sont les Dieux ? Les avez-vous rencontrés ! Je veux savoir !
- Mais tu sais déjà tout, tout es en toi. Tu es ma fille, la fille d’un Dieu réincarné. Une demi-déesse. Et le monde a de grands projets pour toi.
- Je sais le grand Oracle me guide.
- N’écoute pas le grand Oracle Sharelune. Il est l’objet du caprice des Dieux, il n’a pas de volonté propre !
- Père !
- Ma fille, ais foi en moi. Je reviendrais te visiter.
L’illusion disparut dans un violent éclat de lumière.
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Lun 2 Mar - 20:03

- Non !
Sharelune ouvrit les yeux en sursautant. Elle était à cheval, maintenu par Yael qui avait passé un bras autour de sa taille. Haletante, et essuya d’un revers de main la sueur qui coulait dans ses yeux.
- Sharelune, enfin ! Enfin tu t’éveilles.
Elle tourna un regard paniqué vers son interlocuteur, et soupira en contemplant le paisible visage de Yael. Il la regardait de ses grands yeux d’ors aussi brillants que le soleil. Un sourire éclaira son visage.
- Où sommes-nous ? Demanda-t-elle faiblement en regardant la lisière de la forêt qu’ils longeaient au pas. Que s’est il passé ?
- Ces hommes t’avaient mis dans un sale état, et je n’avais rien pour soigner tes blessures. Alors je t’ai appliqué des pansements de fortunes, et j’ai chevauché le plus vite possible pour arriver à ta destination. Tu es restée inconsciente pendant près de trois jours.
Sharelune expira longuement en glissant une main dans ses cheveux.
- Qui étaient ce ?
- Des mercenaires, officiant sans doute pour le compte de la duchesse Vindilia. C’est la souveraine de Midenia.
- Pourquoi nous ont-ils agressés ? Je ne leur avais rien fais !
Yael put sentir l’angoisse de son amie, et tenta de la rassurer.
- Peut être que leur solde est si minable qu’ils compensent en pillant les voyageurs. C’est une chose assez courante.
Il ne savait pas lui-même ce que ces hommes cherchaient, mais trouva sa réponse plausible. Sharelune ne se souvenait pas exactement de ce qui s’était passé, elle avait juste le souvenir d’un bijou qui avait déclenché l’ire du capitaine. De la douleur et de l’humiliation.
- Cet homme, il m’a plaqué un médaillon contre la joue, je ne l’ai pas bien vu. Il était doré avec une pierre rouge, un rubis je pense. Qu’est ce qu’il représente et qu’est ce qu’un objet capable de retenir leur attention au point de me menacer, fait dans tes affaires ?
Elle vit les mains de Yael se crisper sur les rênes.
- Oh rien, juste un cadeau que l’on m’a fait pour me récompenser d’un contrat.
- C’est étrange, mais il m’évoque quelque chose. Cependant, dans la situation je n’ai pas pus le voir correctement dans son entier.
Son ami poussa un discret soupir de soulagement. Il se voyait déjà en train de lui révéler son identité.
A présent le rêve de Sharelune n’était plus qu’un souvenir lointain. Après un long moment, elle reprit d’une voix calme :
- Pourquoi m’aides-tu ?
Yael garda volontairement le silence. Il ne savait pas ce qu’il devait lui répondre. Elle le prendrait pour un fou s’il lui disait la vérité. Que sa mère voulait faire tuer son père ! Et que Sharelune semblait avoir un lien dans cet agencement d’évènements et de visions.
- Je ne pourrais pas te payer.
- Je ne cherche pas d’argent.
- Je pensais que tu étais en quête de gloire et de fortune. Tu crois pouvoir devenir riche et célèbre en aidant une pauvre fille comme moi à terminer son voyage ?
- Passons. Mes motivations ne sont pas importantes. Je sais juste que, je suis lié à toi d’une manière ou d’une autre.
Sharelune tourna de nouveau son visage vers lui. Elle fronçait les sourcils, fripant joliment son petit nez.
- J’espère que tu ne compte pas profiter de moi, affreux pervers !
- Après ce que tu as fais à tes ennemis, je ne suis pas près de vouloir t’attaquer ou te faire du mal, sourit il d’un air léger.
Elle reprit sa place d’un air fier et faussement hautain.
- Evidemment, j’ai été une brillante élève.
- Moi je crois que tu as été un élément très perturbateur.
Son ton amusé intrigua la mage, elle leva les bras au dessus de la puissante encolure de l’étalon en menaçant son cavalier de lui jeter une terrible malédiction.
- Tu saurais le faire ?
- Non. Mais oui si j’apprends. Il me faudra juste du temps pour réussir à canaliser l’essence d’autrui. Pour l’instant, je sais juste contrôler mon essence et la matière.
- Très impressionnant, commenta son ami d’un ton moqueur.
Malgré leur note légère, Sharelune avait silencieusement décidée de ne plus se détacher de son bâton. Il était assujettit aux lanières des fontes, et l’éclat du joyau rassura la magicienne. Même si elle pouvait rire, ses yeux cherchaient sans relâche le moindre mouvement suspect dans les fourrés et une peur indéfectible montait en elle, insipide, à l’approche de la nuit.

Le soir venu, elle trouva difficilement le sommeil, les yeux rivés dans les ténèbres. Elle caressait son bâton, l’éclat de la petite flamme lui rappelant que nonobstant ses incroyables pouvoirs elle restait une petite fille terrorisée par son cauchemar.
Lorsqu’elle s’endormit, tard dans la nuit, elle fut réveillée par Yael qui avait été alerté par ses cris. Haletante, elle se redressa balayant le petit bosquet de ses yeux fous. Son ami la regardait à la fois inquiet et désolé. Avec tendresse il repoussa ses mèches trempées derrière sa tête, avant de sentir sa main violemment rejetée.
- Ne me touche pas ! ordonna-t-elle dans un râle terrifié.
- Sharelune, murmura-t-il désemparé.
Elle se mit à pleurer et glissa une main sur son sein gauche, que la douleur lancinante, lui rappelait le viol dont elle avait faillit être victime. Yael poussa un long soupir, se frottant la joue de la paume de sa main à la recherche d’une solution. La jeune mage se leva, fébrile et parcourut de tremblements incontrôlables.
- Attend, où vas-tu comme ça !
- Laisse-moi, vociféra-t-elle d’une voix menaçante.
- Je refuse de te laisser aller ainsi, déclara-t-il fermement en venant jusqu’à elle.
- Laisse-moi ! Hurla Sharelune d’une voix que Yael ne lui connaissait pas.
Elle décrivit un large arc de cercle avec son bâton pour lui intimer de reculer. Il faisait noir, et le guerrier ne distinguait que sa silhouette et les larmes scintiller sous l’éclat du joyau.
- Je te jure sur ma vie que je ne te veux pas le moindre mal, tenta le jeune elfe d’une voix qui se voulait rassurante.
Mais rien n’y faisait, il pouvait toujours sentir le regard suspicieux de son amie le toiser, y décelant de la terreur et du défi. Finalement ses pleurs devinrent de plus en plus bruyants, et Yael profita qu’elle eut baissé sa garde pour s’approcher de nouveau. Il glissa ses bras autour de ses épaules et la serra contre lui. Sharelune se contracta, puis finit par céder après de longues minutes, se pressant contre son torse qui lui évoqua Dorian.
- Je suis désolé Sha’, susurrait il en baisant son front fiévreux.
En la tenant contre lui, il put sentir un flot de puissance douloureux se propager dans son corps. Il se remémora la seule et unique fois où il avait vu l’ire déchainée de sa mère. Une aura aveuglante l’entourait alors qu’elle était secouée par ses pleurs.
Il savait que Sharelune tentait de se contenir, donc s’évertua à la rassurer le plus rapidement et doucement possible. Cette nuit là, la jeune elfe inconsciemment lui donna toute sa confiance lorsque la sensation des mains de l’odieux mercenaire sur son corps cessa de la hanter.
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Lun 2 Mar - 20:04

Voilà c'était la fin du chapitre 2 Shocked

Les autres chapitres sont encore plus long><

Bonne lecture^^
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Nakara / Rob1 Mar 3 Mar - 18:37

erf! Et comment je fais pour regarder la suite ? XD . Sinon j'ai adoré les deux chapitres ^^ gg
Nakara / Rob1
Nakara / Rob1
Amuse gueule

Messages : 19
Date d'inscription : 16/07/2008
Age : 29
Localisation : La Réunion(974) ou en vacs à LE HAVRE(76)

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Mar 3 Mar - 20:30

La suite pour que ce soit plus agréable tu la trouvera sur Fiction press.

Je te met l'adresse ici^^

http://www.fictionpress.com/s/2584819/1/La_vallee_des_reves

Si tu veux passer au chapitre trois, regarde le petit onglet en haut à droite et sélectionne "chapter 3"

Je vais mettre la suite tout à l'heure.
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Déesse Noire Mar 3 Mar - 20:46

Chapitre 4 en ligne!

Hum, euh si des fois tu vois des noms bizarres comme proutprout, lulu, lele etc, en fait ce sont des noms d'emprunts parce que je n'ai pas encore trouvé le nom du personnage.
Ils seront bien sûr modifiés à la fin.
Voilouvoilou Laughing
Déesse Noire
Déesse Noire
Grande prêtresse

Messages : 87
Date d'inscription : 15/07/2008
Age : 34
Localisation : Derrière toi!

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Nakara / Rob1 Mer 4 Mar - 13:09

Hum, euh si des fois tu vois des noms bizarres comme proutprout, lulu, lele etc
LOL,je suis sûr que je vais me marrer rien qu'avec ca !Merci pour le lien!
Nakara / Rob1
Nakara / Rob1
Amuse gueule

Messages : 19
Date d'inscription : 16/07/2008
Age : 29
Localisation : La Réunion(974) ou en vacs à LE HAVRE(76)

Revenir en haut Aller en bas

Manuscrit [Juste pour Nakara]^^ Empty Re: Manuscrit [Juste pour Nakara]^^

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 :: Général :: Général

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ne ratez plus aucun deal !
Abonnez-vous pour recevoir par notification une sélection des meilleurs deals chaque jour.
IgnorerAutoriser